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Annexe - Médicaments et déficit en G6PD
Mise à jour : 21/07/2009
Généralités
 Le déficit enzymatique en Glucose-6-Phosphate Déshydrogénase (G6PD), ou favisme, est une maladie génétique transmise sur le mode récessif lié au chromosome X. Elle touche surtout les hommes. Les femmes, rarement atteintes, transmettent la maladie.
 La G6PD, qui joue un rôle essentiel dans la réduction des agents oxydants, est indispensable au métabolisme cellulaire et notamment à la survie des hématies.
 L'activité enzymatique de la G6PD est diminuée chez les porteurs de la maladie : elle est comprise entre 40 % (déficits modérés) et 1 à 2 % (déficits sévères). Le déficit total n'existe pas.
 Les sujets atteints d'un déficit en G6PD ont une fragilité érythrocytaire et sont susceptibles de développer une hémolyse dans diverses situations regroupées sous le nom de « stress oxydant ». L'hémolyse peut être déclenchée par la prise de certains aliments (notamment les fèves, qui ont donné le nom de favisme à la maladie dans certaines régions) et par l'administration de médicaments « oxydants ».
 L'hémolyse liée à un déficit en G6PD peut prendre différentes formes :
– Anémie hémolytique aiguë survenant après l'ingestion de certains aliments ou médicaments. D'intensité variable, elle associe fièvre, ictère, pâleur, asthénie, anorexie, céphalées, douleurs abdominales et lombaires, urines foncées. Elle peut entraîner une insuffisance rénale dans les formes sévères.
– Anémie hémolytique chronique, rare, pouvant entraîner un ictère récidivant et parfois une lithiase biliaire.
– Ictère néonatal débutant vers le 2e ou 3e jour de vie, plus intense et plus durable que l'ictère dit physiologique, pouvant entraîner des séquelles neurologiques.
Épidémiologie
 Le déficit en G6PD touche environ 420 millions de personnes dans le monde, avec une fréquence plus élevée dans les pays du pourtour méditerranéen, d'Afrique subtropicale, du Moyen-Orient et d'Asie. Les populations d'origines africaine et hispanique de l'Amérique du Nord, de l'Amérique du Sud et des Antilles sont également touchées.
 Du fait des migrations de population, plus de 250 000 personnes seraient atteintes en France (métropole et outre-mer).
Le risque médicamenteux
 La tolérance individuelle des sujets atteints d'un déficit en G6PD aux médicaments est imprévisible. Tout patient déficitaire doit par conséquent suivre scrupuleusement les recommandations concernant les listes de médicaments et d'aliments dangereux.
 Le mécanisme de l'hémolyse étant biochimique, le risque concerne habituellement des classes entières de médicaments (par exemple les sulfamides).
 Dans certains cas, la sévérité de l'hémolyse est en relation avec la posologie du médicament administré (par exemple la vitamine C).
 L'Afssaps a établi la liste de tous les médicaments incriminés dans des accidents liés à un déficit en G6PD et a gradué le risque médicamenteux potentiel en 5 niveaux :
– Utilisation contre-indiquée : le recours à une alternative thérapeutique est impératif.
– Utilisation déconseillée en raison de cas observés d'hémolyse aiguë (pour le médicament concerné) : le recours à une alternative thérapeutique est la règle. En cas de nécessité absolue, si le traitement est administré, il doit l'être sous contrôle médical et la survenue d'une éventuelle hémolyse doit être dépistée.
– Utilisation déconseillée en raison de l'appartenance de cette substance à une classe pharmacologique à risque, ou en raison d'un risque potentiel d'hémolyse : le recours à une alternative thérapeutique est également la règle. Si le traitement est administré, il doit l'être sous contrôle médical et la survenue d'une éventuelle hémolyse doit être dépistée.
– Utilisation déconseillée à posologie élevée, c'est-à-dire supérieure à la dose usuelle ou maximale journalière : le respect des posologies recommandées est particulièrement important chez ces patients.
– Utilisation possible après analyse des données disponibles (littérature et pharmacovigilance).
Arbre décisionnel
Risque médicamenteux et déficit en G6PD
Liste des principes actifs à risque en cas de déficit en G6PD
Cette liste est également disponible sur le site de l'Afssaps.
Principes actifs contre-indiqués
Acide nalidixique
Rasburicase
Sulfaméthoxazole (voies orale et injectable)
Dapsone
Sulfadiazine (voie orale)
Sulfasalazine
Nitrofurantoïne
Sulfafurazol
Triméthoprime (voies orale et injectable)
Noramidopyrine/Métamizole sodique
Sulfaguanidine
Principes actifs déconseillés en raison de cas observés d'hémolyse aiguë (à éviter sauf s'il n'y a pas d'autre alternative et si le médicament est d'une nécessité absolue)
Chloroquine
Glibenclamide
Phytoménadione (vitamine K1)
Ciprofloxacine (voies orale et injectable)
Lévofloxacine (voies orale et injectable)
Spiramycine (voies orale et injectable)
Dimercaprol
Norfloxacine (voie orale)
Sulfadiazine (voie locale)
Principes actifs déconseillés en raison de leur appartenance à une classe pharmacologique à risque ou en raison d'un risque potentiel d'hémolyse (préférer un autre médicament)
Acide pipémidique
Glipizide
Prilocaïne
Carbutamide
Hydroxychloroquine
Quinine
Enoxacine
Loméfloxacine
Sulfacétamide
Fluméquine
Moxifloxacine
Sulfadoxine
Glibornuride
Ofloxacine (voies orale et injectable)
Sulfaméthizol
Gliclazide
Péfloxacine (voies orale et injectable)
Glimépiride
Phénazone (voie locale)
Principes actifs déconseillés à posologie élevée (respecter absolument les posologies recommandées)
Acide acétylsalicylique
Bénorilate
Paracétamol
Acide ascorbique
Carbasalate calcique
Utilisation possible après analyse des données disponibles(1)
Bleu de méthylène (voies buccale et ophtalmique)(1)
Méfloquine
Proguanil(1)
Bupivacaïne(1)
Monoxyde d'azote(1)
Propylène glycol(1)
Chloramphénicol(1) (voie ophtalmique)
Morpholine(1)
Pyriméthamine(1)
Ciprofloxacine (voies ophtalmique et auriculaire)(1)
Nitroprussiate(1)
Quinidine(1)
Colchicine(1)
Norfloxacine (voie ophtalmique)(1)
Streptomycine(1)
Diéthylamine(1)
Ofloxacine (voies ophtalmique et auriculaire)(1)
Succimer(1)
Dihydroquinidine(1)
Para-aminosalicylate de sodium (PAS)(1)
Thiamphénicol(1)
Dimenhydrinate(1)
Phénazone (voie auriculaire)(1)
Trihexyphénidyle(1)
Doxorubicine(1)
Phénylbutazone(1)
Trinitrine(1)
Isoniazide (voies orale et injectable)(1)
Phénytoïne(1)
Lévodopa(1)
Probénécide(1)
1 : 
Substances actives pour lesquelles différentes listes disponibles sur internet (Centres régionaux de pharmacovigilance, association Vigifavisme) mentionnaient une précaution d'emploi ou une contre-indication. L'évaluation de ces substances a montré qu'il n'existait pas de risque identifié d'hémolyse chez les sujets déficitaires en G6PD.
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