La lombalgie chronique est un trouble fréquent, parfois vu avec une certaine « distanciation » par le médecin, mais vécu comme un handicap par le patient. Sa chronicité justifie un programme thérapeutique planifié.
La physiopathologie des lombalgies chroniques est mal comprise. Les modifications dégénératives des disques intervertébraux et des articulations interapophysaires postérieures, souvent incriminées, sont très fréquentes dans la population générale et ne sauraient être un déterminant pathogénique exclusif. Des modifications qualitatives et fonctionnelles des muscles paravertébraux et des facteurs de risque de chronicité d'ordre psychologique, socioprofessionnel et comportemental sont actuellement intégrés dans le modèle physiopathologique dit biopsychosocial de la maladie.
La lombalgie commune rend compte de 90 % des cas de lombalgie. Il s'agit d'un problème de santé publique dans les pays industrialisés, où sa prévalence est de l'ordre de 80 %. Elle est l'un des motifs de consultation les plus fréquents en médecine générale. La lombalgie commune évolue vers la chronicité chez 10 % des patients qui en souffrent. En France, la lombalgie est à l'origine de 30 % des prescriptions de kinésithérapie faites en ville et de plus de 10 % des accidents du travail.
La lombalgie chronique peut altérer de manière significative la qualité de vie et conduire à une désinsertion socioprofessionnelle.